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Glossaire

Définitions et repères pour mieux comprendre les réalités autochtones.

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78 termes

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A
Acte des sauvages
L'Acte des sauvages était le nom initial de la Loi sur les Indiens, en vigueur sous cette appellation jusqu'en 1952. Sanctionnée en 1876, cette loi constitue une refonte de l'ensemble des législations antérieures concernant les Premières Nations au Canada. Elle confère aux membres des Premières Nations un statut de citoyenneté conditionnel et distinct de celui du reste de la population canadienne. C'est par l'entremise de cet acte que certains termes sont introduits dans le cadre légal : bande, réserve, statut d'Indien, etc.
Aîné·e autochtone
Un·e aîné·e est une personne reconnue par sa communauté pour sa sagesse et son expérience. Il importe de noter qu'un·e aîné·e autochtone n'est pas nécessairement une personne d'un âge avancé, et que toutes les personnes âgées ne sont pas pour autant des aîné·es.
Allochtone
Ce terme désigne, au Canada, toutes les personnes qui ne font pas partie d'un peuple autochtone.
Amérindien
Terme faisant référence aux peuples autochtones des Amériques. Introduit au début du XXe siècle principalement dans les milieux scientifiques, il visait à distinguer les « Indiens » des Amériques des Indiens du sous-continent indien. Ce terme est aujourd'hui désuet et perçu comme péjoratif. Pour désigner ces peuples, il est préférable d'utiliser l'expression peuples autochtones des Amériques.
Anishinaabe (Anichinabé ; Anicinape)
La Nation anishinaabe est présente dans des communautés en Abitibi-Témiscamingue au Québec, en Ontario ainsi que dans le Nord-Est des États-Unis jusqu'au Montana. Leur langue, l'anishinaabemowin, fait partie du groupe linguistique algonquien. Au Québec, leurs communautés sont Pikogan, Lac-Simon, Timiskaming, Kitcisakik, Winneway, Lac-Rapide, Wolf Lake, Kebaowek et Kitigan Zibi.
Article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982
En 1982, le gouvernement canadien rapatrie la Constitution. L'article 35 de cette loi reconnaît les droits ancestraux, les droits existants et les droits issus de traités des peuples autochtones, qui se trouvent ainsi protégés par la Constitution. L'article 35 précise également que les peuples autochtones au Canada comprennent les Premières Nations, les Inuit et les Métis.
Assemblée des Premières Nations (APN)
L'Assemblée des Premières Nations (APN) est un organisme de représentation politique des Premières Nations à l'échelle du Canada. Anciennement appelée la Fraternité nationale des Indiens du Canada, l'APN défend les intérêts et les droits des Premières Nations auprès des instances gouvernementales canadiennes. L'Assemblée est dirigée par un·e chef·fe national·e et est composée de chef·fe·s régionaux·ales représentant les provinces et territoires. L'APN ne constitue pas une instance gouvernementale pouvant imposer des décisions aux communautés autochtones, mais se veut plutôt une organisation de concertation politique et un porte-parole des intérêts des Premières Nations.
Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL)
Fondée en 1985, l'APNQL est une organisation de représentation politique des Premières Nations au Québec et au Labrador. Composée d'un·e chef·fe de l'Assemblée ainsi que des chef·fe·s des 43 communautés des Premières Nations au Québec et au Labrador, l'APNQL joue un rôle de concertation et de porte-parole des intérêts et des droits des Premières Nations. Elle offre également divers services aux communautés autochtones, notamment par l'entremise de ses commissions, qui œuvrent dans différents domaines tels que la santé et les services sociaux, l'éducation et le développement durable.
Atikamekw Nehirowisiwok
La Nation atikamekw est présente dans le centre du Québec et compte trois communautés : Manawan, Opitciwan et Wemotaci. Leur langue est le nehiromowin, qui fait partie du groupe linguistique algonquien.
Autochtone
Au Canada, le terme « autochtone » désigne les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants. La Constitution canadienne reconnaît trois groupes de peuples autochtones : les Premières Nations, les Métis et les Inuit.
Autodétermination
L'autodétermination des peuples autochtones est un droit fondamental qui leur permet de déterminer librement leur statut politique ainsi que d'assurer leur développement économique, social et culturel.
B
Barrières systémiques
Obstacles ancrés dans les structures sociales ou administratives d'une organisation ou d'un réseau d'organisations, notamment leur accessibilité physique, leurs politiques organisationnelles, leurs pratiques et processus décisionnels, ainsi que leur culture institutionnelle.
Biais cognitif
Schémas de pensée qui s'écartent de la logique ou de la rationalité et conduisent à des jugements et à des prises de décision rapides pouvant être erronés. Ces schémas peuvent être conscients ou inconscients et influencer les décisions.
Biais inconscient
Un biais inconscient est un raccourci mental involontaire qui mène à porter des jugements rapides sur une personne ou un groupe de personnes en fonction de caractéristiques observées. Les biais inconscients constituent un phénomène universel chez l'être humain : ils sont partie intégrante de la pensée, des processus cognitifs et de notre rapport au monde. Ces biais ont des répercussions aux niveaux individuel, interpersonnel et intergroupe, et peuvent avoir des conséquences négatives considérables.
C
Centre d'amitié autochtone
Les centres d'amitié autochtones sont des organisations qui offrent des services aux membres des premiers peuples vivant à l'extérieur des communautés, souvent en milieu urbain. Les services offerts sont multiples et culturellement adaptés aux réalités autochtones : services de santé, services juridiques, orientation professionnelle, éducation, et bien d'autres. Les centres d'amitié autochtones sont également des lieux de rencontre et de partage pour les Autochtones en milieu urbain.
Chef·fe de territoire de chasse familial
Chez certaines nations autochtones, telles que les Atikamekw, les Innus, les Cris ou les Anishinaabeg, le territoire est divisé entre les familles en territoires de chasse familiaux. Chaque territoire de chasse familial est géré par un·e intendant·e responsable de l'usage de son territoire, qui guide les activités de chasse et de subsistance. Ce titre est souvent accordé à un·e chasseur·euse d'expérience connaissant bien le territoire. Cette structure politique, fondée sur des traditions familiales, confère au·à la chef·fe de territoire de chasse familial la responsabilité d'assurer le respect des droits de sa famille et du territoire.
Colonialisme
Caractérisé tantôt comme système, tantôt comme processus ou idéologie, le colonialisme est un ensemble complexe de pratiques ayant pour objectif l'occupation et l'exploitation d'un territoire par un groupe humain extérieur, au détriment des peuples qui y vivent. Au Canada, le colonialisme imposé aux peuples autochtones a été renforcé par diverses lois, pratiques et institutions, notamment la Loi sur les Indiens, la dépossession territoriale et les pensionnats autochtones. De nombreux pays, dont le Canada, ont été construits sur le colonialisme, dont les répercussions sont encore bien tangibles aujourd'hui, particulièrement pour les peuples autochtones.
Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (commission Viens)
La Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, communément appelée la commission Viens, a été mise sur pied au Québec en 2016 dans l'objectif de déterminer les causes sous-jacentes à la discrimination subie par les peuples autochtones dans les services publics québécois. L'enquête a duré trois ans et a recueilli plus de 1 000 témoignages. En 2019, la commission a publié son rapport final, assorti de 142 recommandations touchant un vaste ensemble des services étatiques offerts aux peuples autochtones.
Commission de vérité et réconciliation (CVR)
La Commission de vérité et réconciliation (CVR) a vu le jour en 2008 à la suite du plus grand recours collectif de l'histoire du Canada, porté par les survivant·es du système des pensionnats pour Autochtones. Ce recours collectif a notamment contraint l'État canadien à mettre sur pied la CVR, dans l'objectif d'informer les Canadien·nes sur l'histoire des pensionnats pour Autochtones et leurs répercussions sur les Premiers Peuples. En 2015, au terme de plusieurs audiences, de recherches approfondies et de témoignages de survivant·es et de leurs familles, la CVR a rendu publics ses rapports finaux. Ces rapports contiennent 94 appels à l'action invitant les instances étatiques et autres acteurs concernés à rectifier les torts du passé dans plusieurs domaines, notamment la langue, la justice, la santé et la culture.
Commission royale sur les Peuples autochtones (CRPA)
La Commission royale sur les Peuples autochtones (CRPA) a été créée en 1991 par décret, à la suite de certaines tensions entre les peuples autochtones et l'État canadien, notamment le rejet de l'Accord du lac Meech et la crise d'Oka à Kanesatake. La commission avait pour mandat d'analyser l'évolution des relations entre les peuples autochtones et le Canada, et de proposer des solutions pour remédier aux obstacles qui nuisent aux relations contemporaines. Après cinq ans d'enquête, la commission a publié son rapport final en 1996, dans lequel elle recommande fortement de reconnaître l'autodétermination et l'autonomie gouvernementale des peuples autochtones.
Confédération Wabanaki
La Confédération Wabanaki est une alliance historique entre les nations W8banaki, Penobscot, Wolastoqey, Passamaquoddy et Mi'kmaq, couvrant l'Acadie, une partie du Québec ainsi que les États actuels du New Hampshire, du Maine et du Vermont. Historiquement, cette alliance a joué un rôle diplomatique et militaire, ayant pour objectif de se défendre contre les forces extérieures, notamment celles des colons européens. Aujourd'hui, la Confédération Wabanaki a pour rôle de défendre les droits ancestraux et les territoires de ses membres, en plus d'assumer un rôle de revitalisation culturelle et linguistique. Elle est également perçue comme un symbole de solidarité et de coopération entre les nations concernées.
Conseil de bande
Un conseil de bande est une structure gouvernementale locale d'une Première Nation créée par la Loi sur les Indiens. Il est généralement constitué d'un·e chef·fe et de conseiller·ères, tous·tes élu·es par les membres de la communauté. Le conseil de bande est responsable des services locaux de la communauté, notamment le logement, les infrastructures, les programmes sociaux, ainsi que la langue et la culture. Ses pouvoirs sont plus étendus que ceux d'une municipalité. Certaines communautés ont plutôt adopté le terme « conseil de la Première Nation » pour remplacer cette appellation. Il est à noter que le conseil de bande ne constitue pas une forme de gouvernance traditionnelle.
Conseil tribal
Un conseil tribal est une structure politique régionale qui regroupe volontairement plusieurs conseils de bande partageant des intérêts communs. Les conseils tribaux ont pour rôle de coordonner les services publics des communautés concernées, notamment la gestion des infrastructures, les ressources humaines et l'éducation. Ils servent également de porte-voix politique pour la défense des droits communs des communautés qui s'y rattachent. Il est toutefois à noter que toutes les communautés ne se rattachent pas nécessairement à un conseil tribal.
Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ)
La Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ) est reconnue comme le premier traité moderne au Canada. Signée en 1975 par la Nation crie d'Eeyou Istchee, les Inuit du Nunavik, les gouvernements du Québec et du Canada, Hydro-Québec, la Société de développement de la Baie James et la Société d'énergie de la Baie James, cette entente a été conclue à la suite de la contestation juridique des Cris et des Inuit contre le projet hydroélectrique de la Baie James, lancé sans consultation en 1971. La CBJNQ prévoit notamment des compensations financières pour les Inuit et les Cris d'Eeyou Istchee, et établit un régime particulier de gestion des terres. Elle crée également des structures de gouvernance autochtone, notamment le Gouvernement de la Nation crie et l'Administration régionale Kativik.
Convention du Nord-Est québécois (CNEQ)
La Convention du Nord-Est québécois (CNEQ), signée en 1978, est un traité moderne conclu entre les Naskapis de Kawawachikamach, les gouvernements du Québec et du Canada, la Société d'énergie de la Baie James, la Société de développement de la Baie James et Hydro-Québec. La CNEQ est une extension de la Convention de la Baie James et du Nord québécois, incluant les Naskapis parmi les nations bénéficiaires des projets de développement hydroélectrique du nord québécois. Elle reconnaît aux Naskapis des compensations financières, des droits exclusifs de chasse, de pêche et de piégeage, ainsi que des droits spécifiques sur certaines catégories de terres, en échange de droits de développement sur les autres parties du territoire.
Crise d'Oka
La crise d'Oka, aussi nommée résistance de Kanesatake, est le nom donné à un conflit majeur et hautement médiatisé survenu en 1990 entre les communautés Kanien'kehá:ka (Mohawk) de Kanesatake et de Kahnawake et les autorités québécoises et canadiennes. Le conflit éclate lorsque la municipalité d'Oka projette l'agrandissement d'un terrain de golf sur des terres revendiquées depuis plusieurs siècles par la communauté de Kanesatake, incluant un cimetière ancestral. Les communautés installent alors des barricades pour protéger leur territoire et bloquent également le pont Honoré-Mercier, entraînant une confrontation avec la Sûreté du Québec, puis l'armée canadienne. Le conflit dure 78 jours, jusqu'à ce que le projet d'agrandissement soit abandonné. Les terres ne seront toutefois pas restituées aux communautés Kanien'kehá:ka. Cet événement marque un tournant dans les relations entre l'État québécois et les peuples autochtones.
D
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA)
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) est un document international adopté en 2007 par l'Assemblée générale de l'ONU. Ce document reconnaît les droits fondamentaux des peuples autochtones partout dans le monde, notamment leurs droits à l'autodétermination, à la protection de leurs territoires, de leurs cultures, de leurs langues et de leurs systèmes juridiques. La DNUDPA sert de cadre international pour les politiques étatiques concernant les peuples autochtones, et constitue également un outil de pression pour les peuples autochtones à travers le monde. Le Canada a adopté la DNUDPA en 2021 et s'en sert comme guide législatif pour son plan d'action visant à faire progresser le droit à l'autodétermination autochtone au pays. Le Québec, quant à lui, ne l'a toujours pas adoptée.
Décolonisation, Réconciliation, Autochtonisation (DRA)
Les approches de décolonisation, de réconciliation et d'autochtonisation, aussi appelées DRA, font partie des recommandations issues de plusieurs commissions d'enquête pour contrer les injustices vécues par les Premiers Peuples, au même titre que la sécurisation culturelle. Similaires aux stratégies d'équité, de diversité et d'inclusion (EDI), les approches DRA constituent des processus d'inclusion distincts et adaptés aux personnes autochtones, ainsi que de sensibilisation aux réalités autochtones dans les espaces publics, professionnels et éducatifs. La décolonisation a pour objectif de déconstruire le colonialisme et ses legs dans nos sociétés. La réconciliation requiert un processus d'examen de l'histoire et de création de relations plus justes et harmonieuses entre les Autochtones et les non-Autochtones. L'autochtonisation vise à créer des espaces pour les concepts et les approches autochtones dans les lois, les institutions et les services publics. Ces trois approches sont indissociables les unes des autres et s'appliquent à plusieurs échelles : personnelle, institutionnelle et sociétale.
Droit ancestral
Un droit ancestral est un droit collectif issu d'une coutume, d'une pratique ou d'une tradition faisant partie intégrante de la culture d'un groupe autochtone avant le contact avec les Européens. À titre d'exemple, la chasse, la pêche, la cueillette et la gestion du territoire sont reconnues comme des droits ancestraux. Or, les droits ancestraux se déclinent de multiples manières et varient selon les peuples autochtones. L'article 35 de la Constitution canadienne reconnaît et protège les droits ancestraux. À la suite de l'échec des conférences constitutionnelles visant à apporter des clarifications à la Constitution canadienne de 1982, ce sont les tribunaux canadiens qui doivent, au cas par cas, préciser la notion de droit ancestral.
Droit issu de traité
Un droit issu de traité est un droit garanti par un traité conclu entre un peuple autochtone et la Couronne. Ces droits peuvent comprendre la chasse, la pêche, l'utilisation des terres visées par le traité, des compensations financières et matérielles, ou encore des formes d'autodétermination sur le territoire. Ils peuvent découler de traités historiques ou de traités modernes, tels que la CBJNQ. Les droits issus de traité sont protégés par l'article 35 de la Constitution canadienne.
E
EDI (Équité, Diversité, Inclusion)
L'EDI renvoie aux principes d'équité, de diversité et d'inclusion. Ces trois dimensions constituent un cadre visant à créer des environnements plus justes et accueillants pour tou·tes, quelles que soient leurs identités. L'EDI cherche à corriger les obstacles systémiques historiques et contemporains auxquels font face les individus et les groupes minoritaires.
Eeyou-Eenou (Cri)
La Nation eeyou ou eenou — la variante utilisée dépendant des variations linguistiques présentes au sein de la langue crie — est composée de neuf communautés situées dans Eeyou Istchee, leur territoire traditionnel au Québec : Whapmagoostui, Wemindji, Chisasibi, Eastmain, Waskaganish, Nemaska, Mistissini, Ouje-Bougoumou et Waswanipi. Plus largement, les peuples cris sont présents du nord du Québec jusqu'aux montagnes Rocheuses. La langue des Cris d'Eeyou Istchee est l'iiyiyuu ayimuun, qui fait partie de la famille linguistique algonquienne. Avec les Inuit et les Naskapis, ils sont les seuls signataires d'un traité moderne au Québec, soit la Convention de la Baie James et du Nord québécois.
Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA)
L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) est une commission d'enquête lancée par le gouvernement du Canada en 2016. Son mandat était d'examiner les violences disproportionnées commises envers les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones au Canada. L'ENFFADA a publié son rapport final en 2019, intitulé Réclamer notre pouvoir et notre place, qui présente 231 appels à la justice visant les gouvernements, les services policiers, les institutions et l'ensemble de la population canadienne.
F
Femmes Autochtones du Québec (FAQ)
Fondée en 1974, l'Association des Femmes Autochtones du Québec est un organisme représentant les femmes autochtones des Premières Nations, tant dans les communautés qu'en milieu urbain. Sa mission est de défendre les droits, la sécurité, les conditions de vie et l'égalité des femmes autochtones au Québec. L'Association mène des actions dans plusieurs domaines, notamment dans les sphères politique et socioéconomique.
G
Grande Paix de Montréal
La Grande Paix de Montréal est le titre attribué à un accord de paix signé le 4 août 1701 entre les Français et leurs alliés autochtones d'une part, et la Ligue des Haudenosaunees (anciennement appelée Ligue des Iroquois) d'autre part, à la suite de plusieurs décennies d'hostilités. Environ 1 300 délégué·es représentant 39 nations autochtones se réunissent à Montréal pour discuter et conclure cet accord de paix. La Grande Paix de Montréal représente un moment marquant de l'histoire des relations franco-autochtones.
I
Indian time
L'expression « Indian time » est souvent associée à un stéréotype selon lequel les Autochtones seraient perpétuellement en retard. Il s'agit d'une expression qui véhicule des préjugés et qui ignore la diversité des conceptions autochtones du temps.
Innu-Ilnu
La Nation innu est composée de neuf communautés au Québec : Pakuashipi, La Romaine, Natashquan, Mingan, Uashat, Mani-Utenam, Pessamit, Essipit et Mashteuiatsh. Leur langue est l'innu aimun, qui fait partie de la famille linguistique algonquienne. Des communautés innues se trouvent également au Labrador.
Inuit Tapiriit Kanatami (ITK)
L'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), dont le nom signifie « les Inuit sont unis au Canada », est l'organisme représentatif national des 51 communautés inuites au Canada. Fondé en 1971, l'ITK cherche à promouvoir et à protéger les droits, les intérêts, la culture et la langue des Inuit. Il offre également des services en matière d'éducation, de langue, de santé, de logement et d'adaptation aux changements climatiques aux communautés. L'ITK est composé d'un·e président·e, de quatre membres votant·es représentant les quatre organisations régionales de revendications territoriales inuites, ainsi que de trois membres non votant·es.
Inuk/Inuit
La Nation inuit a des communautés au Nunavik, dans le nord du Québec. « Inuk » est le terme au singulier, tandis qu'« Inuit » est le terme au pluriel. Puisque le « it » signifie le pluriel en Inuktitut, plusieurs choisissent de ne pas ajouter de « s » au pluriel lorsqu’il est question des Inuit. Des communautés inuites se trouvent également au Labrador, au Nunavut, au Groenland, en Alaska et en Russie. Au Nunavik, leur langue est l'inuktitut. Les Inuit sont signataires de l'un des seuls traités modernes au Québec : la Convention de la Baie James et du Nord québécois.
Inuktitut
L'inuktitut est l'une des principales langues inuites au Canada. Elle est principalement parlée au Nunavut, au Nunavik et dans certaines communautés du Nunatsiavut, au Labrador.
K
Kanien'kehá
ka (Mohawk) : La Nation kanien'kehá:ka (Mohawk) est présente dans le sud du Québec, en Ontario et dans le nord de l'État de New York, bien que son territoire ancestral s'étendît également dans le nord de la Nouvelle-Angleterre et au sud des Grands Lacs. Il existe trois communautés de cette nation au Québec : Kanehsatá:ke, Kahnawá:ke et Akwesasne. Leur langue est le kanien'kéha, qui fait partie de la famille linguistique iroquoïenne.
L
Langues algonquiennes
Les langues algonquiennes forment une grande famille linguistique autochtone parlée en Amérique du Nord, principalement au Canada et aux États-Unis. Au Québec, les nations dont la langue appartient à cette famille incluent les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Cris, les W8banaki, les Mi'kmaq, les Wolastoqiyik, les Innus et les Naskapis.
Langues inuites
Les langues inuites appartiennent à la vaste famille linguistique eskimo-aléoute. Il est à noter que le terme « eskimo-aléoute » est approprié pour désigner cette famille linguistique, bien que le terme « eskimo » soit à proscrire dans tout autre contexte. Au Canada, les langues inuites comprennent principalement l'inuinnaqtun, l'inuvialuktun et l'inuktitut. Cette dernière est la langue principalement parlée dans les communautés inuites du Nunavik, au Québec.
Langues iroquoiennes
Les langues iroquoiennes forment une famille linguistique autochtone parlée par les peuples iroquoiens dans le nord-est des États-Unis et le sud-est du Canada. Au Québec, les nations dont la langue appartient à cette famille sont les Wendat et les Kanien'kehá:ka.
Loi sur les Indiens
La Loi sur les Indiens est une loi fédérale adoptée en 1876 qui régit l'identité légale des Premières Nations et met en place un cadre administratif et politique établi par l'État canadien. C'est par l'entremise de cette loi que les termes « réserve », « bande » et « conseil de bande » ont notamment été introduits dans le cadre légal. La loi ne s'applique ni aux Inuit ni aux Métis, ce qui explique que ces peuples autochtones ne se retrouvent pas dans la catégorie des Premières Nations.
Longhouse / Maison longue
La longhouse, ou maison longue, est une structure politique traditionnelle chez les Haudenosaunee, notamment chez les Kanien'kehá:ka. Ce système repose sur une organisation de la société en clans matrilinéaires, au sein de laquelle les chef·fe·s de clans se réunissent sous un même toit pour délibérer des enjeux sociaux et politiques, selon un principe de consensus. Cette institution demeure active de nos jours.
M
Makivvik
Makivvik est une organisation de représentation politique des Inuit du Nunavik, au Québec, créée en 1978 à la suite de la signature de la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ). Son nom signifie « s'élever » en inuktitut. Son rôle est de protéger les droits, les intérêts et les compensations financières découlant de la CBJNQ, ainsi que les droits issus de l'Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik, signé en 2008. Constituée d'un·e président·e et de divers·es élu·es, Makivvik agit comme interlocuteur·rice officiel·le auprès des gouvernements et des institutions nationales sur plusieurs enjeux, notamment l'éducation, la justice et l'environnement.
Médecine traditionnelle
Les pratiques, les savoirs et les philosophies liés à la santé et au bien-être chez les peuples autochtones sont souvent décrits comme appartenant au domaine de la médecine traditionnelle. Bien que ce nom évoque un ancrage dans des traditions millénaires, cette médecine est toujours d'actualité et est pratiquée dans plusieurs communautés. Elle se distingue de la biomédecine par une conception de la santé et du bien-être qui inclut non seulement des dimensions personnelles — spirituelle, physique, mentale et émotionnelle —, mais aussi familiales, communautaires et territoriales. Cette médecine emploie des remèdes issus des plantes, des animaux et des minéraux, ainsi que des pratiques axées sur l'équilibre et l'harmonie au sein de la personne et avec son environnement. C'est pourquoi la médecine traditionnelle est souvent décrite comme holistique.
Métis
Au Canada, les Métis font partie des trois catégories de peuples autochtones reconnues par la Constitution canadienne. Les Métis forment un peuple descendant à la fois de populations européennes et de populations autochtones, disposant de sa propre culture, de sa propre histoire ancrée dans un contexte géographique particulier, et de sa propre langue. Des critères particuliers ont été établis par la Cour suprême du Canada pour déterminer l'identité métisse. Au Québec, il n'existe pas de communautés métisses reconnues.
Mi'kmaq
La Nation mi'kmaq est présente dans l'est du Canada, en Gaspésie, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve. Il existe trois communautés mi'kmaq au Québec : Listuguj, Gesgapegiag et Gespeg. Leur langue est le mi'kmaq, qui fait partie de la famille linguistique algonquienne. Ils sont membres de la Confédération Wabanaki.
N
Naskapi
La Nation naskapi est présente dans le nord du Québec. La seule communauté naskapie au monde est Kawawachikamach. Leur langue est l'iyuw iyimuun, qui fait partie de la famille linguistique algonquienne. Les Naskapis sont signataires de l'un des seuls traités modernes au Québec, soit la Convention du Nord-Est québécois.
Nation (autochtone)
Le terme « nation » appliqué aux peuples autochtones réfère essentiellement aux Premières Nations. On parle plus généralement des « peuples » inuit et métis, tandis que le terme « nation » est davantage utilisé pour désigner des groupes spécifiques des Premières Nations, tels que la Nation wolastoqey, la Nation wendat ou la Nation mi'kmaq.
P
Paix des Braves
La Paix des Braves est le nom attribué à l'« Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec », un accord signé entre le Québec et la Nation crie en 2002. Cette entente est conclue à la suite de plusieurs recours juridiques des Cris face au non-respect, par le gouvernement du Québec, de plusieurs des engagements pris dans la Convention de la Baie James et du Nord québécois, signée en 1975. La Paix des Braves confère une plus grande autonomie aux Cris quant au développement économique du territoire et à l'exploitation des ressources naturelles, en plus de prévoir des subventions annuelles sur 50 ans pour le développement des communautés cries. En contrepartie, les Cris accordent leur consentement au développement de projets hydroélectriques sur le territoire, dont le projet EM-1 sur la rivière Rupert.
Pensionnats pour Autochtones
Les pensionnats pour Autochtones, aussi appelés écoles résidentielles, désignent le régime d'éducation imposé aux enfants autochtones par le gouvernement du Canada, sous la gestion des Églises catholique, anglicane et presbytérienne. Le but des pensionnats était d'évangéliser et d'assimiler progressivement les peuples autochtones en séparant les enfants de leurs familles, en leur interdisant de parler leur langue et de pratiquer leur culture. Environ 150 000 enfants autochtones ont fréquenté ces établissements ; nombre d'entre eux ont subi de la violence et des abus, laissant des traumatismes durables et intergénérationnels dans l'ensemble des communautés autochtones au Canada. La Commission de vérité et réconciliation, dont le mandat était d'évaluer les impacts des pensionnats sur les peuples autochtones, a reconnu ce régime comme faisant partie d'un « génocide culturel ». Le Canada ainsi que les Églises responsables ont présenté des excuses officielles aux communautés autochtones touchées.
Perspective basée sur les forces
Approche centrée sur les capacités, les ressources et les savoirs des personnes et des communautés plutôt que sur leurs déficits. Elle reconnaît et valorise les forces des Premières Nations et des Inuit, notamment leurs savoirs traditionnels, leurs relations communautaires et leurs cultures.
Peuple(s) autochtone(s)
Expression utilisée pour désigner les Autochtones, en mettant l'accent sur la diversité qui existe au sein de ces différents groupes. Ce terme est également applicable à l'ensemble des peuples autochtones du monde.
Porteur·euse de savoirs autochtones
Ces personnes sont reconnues au sein de leur communauté comme ayant une connaissance et une compréhension approfondies de la culture, des rites et des savoirs de leur peuple. De ce fait, elles sont habilitées à transmettre ces savoirs à autrui.
Pratiques sensibles aux traumatismes
Approche de soins qui reconnaît la prévalence des traumatismes, comprend leurs impacts potentiels sur la santé et adapte les services afin d'éviter la retraumatisation. Cette approche est particulièrement importante dans le contexte autochtone en raison des traumatismes historiques et intergénérationnels.
Premières Nations
Désigne les peuples autochtones assujettis à la Loi sur les Indiens. L'expression « Première Nation » remplace, dans l'usage courant et dans les documents légaux, l'expression « bande indienne », qui avait été utilisée au moment de la rédaction de la loi. Sur le territoire du Québec, on compte 10 Premières Nations : les Nations w8banaki, anishinaabe, atikamekw, eeyou, wendat, innu, wolastoqey, mi'kmaq, kanien'kehá:ka et naskapi.
Premiers Peuples
Autre expression utilisée pour désigner les peuples autochtones. Ce terme est également applicable à l'ensemble des peuples autochtones du monde.
Proclamation royale
La Proclamation royale de 1763, émise par le roi George III à la suite de la guerre de Sept Ans, est reconnue comme la première constitution du pays. Elle établit la reconnaissance des peuples autochtones comme détenteurs de droits territoriaux légitimes en Amérique du Nord, ainsi que le principe selon lequel seule la Couronne peut acquérir des terres autochtones, posant ainsi les bases du système des traités. Aujourd'hui, la Proclamation royale demeure un texte juridique mobilisé par les peuples autochtones au Canada pour faire reconnaître leurs droits ancestraux, leurs droits territoriaux et leurs droits issus de traités.
R
Racisme
Le concept de « race » n'a aucune validité scientifique. Le racisme repose sur ce concept sans fondement et suppose que les êtres humains ont différentes capacités cognitives et physiques selon leur « race ». Il demeure profondément ancré dans de nombreuses sociétés, notamment sous une forme parfois difficile à déceler dans les lois, les politiques ou les pratiques. Le racisme peut également guider la formation de biais inconscients. Il est ainsi possible de perpétuer le racisme sans porter consciemment ni volontairement des idées racistes.
Racisme systémique
Le racisme systémique désigne l'ensemble des structures sociétales — institutions, lois et politiques — qui maintiennent un système d'inégalités privilégiant certains groupes et en opprimant d'autres selon la « race » qui leur est attribuée. Cette forme de racisme n'a rien à voir avec les intentions individuelles et ne signifie pas non plus qu'une forme de racisme « systématique » existe au sein d'une société. Il désigne plutôt la façon dont des normes, des procédures, des lois et des structures sociales demeurent porteuses d'une forme de racisme héritée de l'époque de leur création.
Rafle des années 1960
La Rafle des années 1960 renvoie à une politique de protection de l'enfance mise en œuvre des années 1960 aux années 1980 au Canada, au cours de laquelle des milliers d'enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles pour être adoptés ou placés dans des familles allochtones, souvent sans consentement. Cette politique rendait possible l'assimilation des enfants autochtones en brisant leurs liens familiaux, communautaires et culturels. Bien que les torts aient été reconnus publiquement, les traumatismes et les conséquences intergénérationnelles sont encore vécus par les survivant·es et les communautés.
Réconciliation
La réconciliation est un processus visant à réparer les relations avec les peuples autochtones après des siècles de colonialisme et de violences systémiques. Elle prend de plus en plus de place dans la sphère publique depuis la Commission de vérité et réconciliation et ses 94 appels à l'action. Depuis, plusieurs organismes, institutions et entreprises entreprennent des démarches pour cheminer dans un processus de réconciliation. Il existe de multiples définitions et conceptualisations de la réconciliation, et celle-ci peut prendre plusieurs formes.
Reconnaissance territoriale
Le terme « reconnaissance territoriale » renvoie à un énoncé reconnaissant que les lieux sur lesquels une organisation est située ou un événement se tient se trouvent sur des territoires ancestraux d'un ou plusieurs peuples des Premières Nations, Métis ou Inuit. La reconnaissance territoriale sert à honorer et à respecter le territoire ainsi que les peuples autochtones y vivant ou y ayant vécu, en plus d'honorer leurs liens passés, présents et futurs avec le territoire.
Redwashing
Le « redwashing » renvoie aux actions symboliques par lesquelles une organisation, une institution ou une entreprise se donne une image de soutien aux peuples autochtones sans améliorer réellement leurs conditions ou leurs droits. Il s'agit souvent d'utiliser des symboles, des langages ou des collaborations autochtones de manière superficielle, sans remettre en question ni changer les pratiques. Ces pratiques nuisent en réalité aux efforts d'autodétermination et de justice pour les peuples autochtones.
Réflexivité
Capacité d'examiner de façon critique ses propres croyances, ses valeurs et ses relations de pouvoir, ainsi que leur influence sur sa pratique et ses pensées. Élément essentiel de la sécurisation culturelle.
Réserve
Dans la Loi sur les Indiens, l'expression « réserve » désigne une « parcelle de terrain dont Sa Majesté est propriétaire et qu'elle a mise de côté à l'usage et au profit d'une bande » (Loi sur les Indiens, L.R.C. (1985), ch. 1-5). Il s'agit d'un territoire administré collectivement par une communauté autochtone, mais dont les terres demeurent sous la tutelle de la Couronne. Le terme « réserve » est à éviter dans le langage courant ; il est préférable d'utiliser le terme « communauté ».
S
Sécurisation culturelle (cultural safety)
La sécurisation culturelle est un concept né dans les années 1980 en Nouvelle-Zélande, à la suite du constat que les peuples autochtones ne recevaient pas la même qualité de soins dans les systèmes de santé que les autres citoyen·nes. Elle vise à offrir des services publics mieux adaptés aux réalités autochtones, en créant un espace dit sécurisant où les personnes autochtones recevant un service se sentent respectées, reconnues et protégées du racisme. La sécurisation culturelle requiert une transformation institutionnelle concrète, invitant à contester et à transformer les barrières systémiques (souvent d’origine coloniale) présentes dans les institutions publiques.
Système de gouvernance traditionnel
Un système de gouvernance traditionnel est un mode d'organisation politique et sociale fondé sur les valeurs, les lois et les savoirs d'un peuple autochtone, et non sur les modèles coloniaux tels que la Loi sur les Indiens. Il s'agit de systèmes qui précèdent le contact européen et qui peuvent encore être pratiqués aujourd'hui, même s'ils ne sont pas toujours reconnus par les États. Par exemple, le système de la maison longue, les chef·fe·s de territoires de chasse familiaux ou les systèmes confédératifs comme celui de la confédération Wabanaki sont tous des systèmes de gouvernance traditionnels.
T
Titre ancestral
Droit inhérent et collectif, reconnu par la Cour suprême du Canada, qui découle de l'occupation, de l'utilisation et du contrôle de terres ancestrales par les peuples autochtones avant la colonisation. Le titre ancestral constitue une catégorie des droits ancestraux.
Traités numérotés
Les traités numérotés sont une série de 11 traités conclus entre la Couronne britannique et des peuples autochtones entre 1871 et 1921. Les territoires concernés s'étendent du nord de l'Ontario aux montagnes Rocheuses, jusqu'à la mer de Beaufort au nord du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. La plupart de ces ententes font état d'échanges par lesquels les Premières Nations concernées acceptent de partager certains de leurs intérêts relatifs à leurs terres ancestrales, moyennant divers paiements et diverses promesses, notamment la distribution d'annuités, d'outils de chasse et de pêche, ainsi que des droits spéciaux sur les terres comprises dans les traités. Il est à noter que ces traités font l'objet de nombreuses controverses et contestations.
Traumatismes intergénérationnels
Les traumatismes intergénérationnels vécus par les peuples autochtones réfèrent à la transmission de blessures psychologiques, culturelles et sociales d'une génération à l'autre, généralement causées par des politiques coloniales telles que le régime des pensionnats et la Rafle des années 1960. Ainsi, même sans avoir vécu directement ces violences, les descendants des survivant·es en ressentent encore les effets, qui se traduisent notamment par la perte de la langue, une rupture culturelle, des troubles émotionnels, la rupture des liens familiaux et la toxicomanie. Les traumatismes intergénérationnels persistent également à travers les conditions sociales héritées du colonialisme, notamment la pauvreté et la marginalisation.
V
Villages nordiques
Un village nordique est une entité municipale inuite du Nunavik créée en vertu de la Loi sur les villages nordiques et l'Administration régionale Kativik, souvent appelée la Loi Kativik. Un village nordique a sensiblement les mêmes obligations, compétences, services publics et pouvoirs que les autres municipalités du Québec. Son statut juridique garantit la reconnaissance des droits territoriaux des Inuit ainsi que leur autonomie locale. On retrouve 14 villages nordiques dans le Nunavik : Ivujivik, Kangiqsujuaq, Salluit, Akulivik, Inukjuak, Kuujjuarapik, Puvirnituq, Umiujaq, Aupaluk, Kangiqsualujjuaq, Kangirsuk, Kuujjuaq, Quaqtaq et Tasiujaq.
W
W8banaki (Abénaki)
La Nation w8banaki a deux communautés au Québec : Odanak et Wôlinak. Leur langue, l'aln8ba8dwaw8gan, aussi connue comme la langue abénakise, fait partie du groupe linguistique algonquien. La Nation w8banaki est également membre de la Confédération Wabanaki.
Wendat
La Nation wendat comprend une seule communauté au Québec : Wendake. Lors de l’arrivée des Européens, la confédération Wendat était sise dans la région des Grands Lacs, notamment autour de la baie Georgienne. À la suite des guerres et des épidémies du XVIIe siècle, les Wendat ont dû se disperser, certains se réfugiant aux États-Unis, d'autres dans la région de Québec. Leur langue est le wendat, qui fait partie de la famille linguistique iroquoïenne.
Wolastoqey (Wolastoqiyik)
Au Québec, la Nation wolastoqey ne comprend que la communauté Wolastoqiyik Wahsipekuk (Wolastoqiyik étant le pluriel de Wolastoqey). Six communautés wolastoqey se retrouvent au Nouveau-Brunswick. La communauté a ses bureaux à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent. Après s'être vu évincer de leur seule terre de réserve au Québec, la majorité des membres de la communauté de Wahsipekuk se sont dispersés sur les territoires du Québec et des États-Unis. Leur langue est le wolastoqey latuwewakon, qui fait partie de la famille linguistique algonquienne. Ils sont également membres de la Confédération Wabanaki.
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